Mais comme dit Paul Le Guen, le plus Rennais des Parisiens (« C'est un déplacement un peu particulier pour moi »), le PSG « a du répondant ». La puissance athlétique en moins, son équipe s'avance un peu comme la jumelle de celle de Guy Lacombe. Ses vétérans, Claude Makelele et Ludovic Giuly, rajeunissent de match en match, particulièrement ce dernier avec ses trois buts en autant de sorties ; Hoarau n'a rien à envier à Briand dans un autre style et les succès s'enchaînent aussi dans la capitale. En comparaison, le chiffre est modeste trois victoires de rang mais gigantesque si on le ramène à la mesure de Paris.
C'est bien simple : pour trouver trace d'un quatrième succès d'affilée des Parisiens en Ligue 1, un seul championnat ne suffit pas. Il en faut deux. C'est donc en comptant la dernière journée de la saison 2004-2005 (un PSG - Rennes d'ailleurs) et les trois premières rencontres de la suivante (Metz, Sochaux, Toulouse) que l'on parvient à coller quatre victoires au PSG. Mais ces deux jumeaux de la L 1 ne vont pas seulement vouloir se départager pour le titre de la meilleure équipe qui a battu Lyon cette saison, puisqu'elles sont les deux seules dans le championnat à l'avoir fait. Un autre enjeu rôde, moins honorifique, plus important. Il s'agit de savoir qui va rester le plus longtemps dans la partie haute du premier tiers du classement, où ces deux formations ont eu la bonne idée de se glisser.
« On a progressé, on a plus de possibilités aujourd'hui »
« Il ne faut pas se contenter de la première moitié du tableau. Soyons ambitieux, dit un Le Guen plein d'audace. On peut passer, pourquoi pas, devant Rennes. Rester à son contact serait déjà pas mal. » L'entraîneur parisien déroule le menu qui attend ses joueurs : « Rennes, c'est très costaud, très solide, très efficace. Leurs joueurs ont de la puissance, du talent. Ils dégagent de la force. C'est un ensemble très performant. »
Après avoir réussi le grand chelem terrasser Lyon, Bordeaux, Marseille, les trois représentants français en Ligue des champions , Paris possède-t-il le coffre nécessaire et le ressort psychologique pour battre une aussi bonne équipe que ces trois-là mais au nom moins ronflant ? Paul Le Guen répond à notre question du jour : « C'est un groupe qu'il faut maintenir en alerte. On a progressé, on a plus de possibilités aujourd'hui parce que certains joueurs ont augmenté leur niveau de jeu, on a une meilleure assise. Il n'empêche, on ne survole rien, comme les autres équipes de ce championnat d'ailleurs, excepté Lyon. Mais on peut encore progresser dans la force mentale. Contre Rennes, ce sera très utile. » On ne pouvait rêver mieux que Rennes en ce moment pour situer encore plus le PSG cette saison.
Source: Le Parisien
