Moribonds la saison dernière, les Parisiens viennent d'atteindre la trêve à une brillante quatrième place. S'il continue à s'appuyer sur les mêmes ingrédients, ce PSG apaisé peut croire en son étoile.
Hoarau superstar.
Comment imaginer qu'un joueur de 24 ans, certes meilleur buteur de Ligue 2, allait ainsi cartonner lors des dix-neuf premiers matchs de Ligue 1 de sa carrière ? C'est la trouvaille de l'année et peut-être de la décennie, qu'on doit manifestement à Paul Le Guen et Alain Roche, plus inspirés que jamais à cette occasion.
Acheté 500 000 ¤ , il en vaut déjà plus de vingt fois plus aujourd'hui !
Le Réunionnais est un phénomène. Il vient d'inscrire onze buts, mais surtout progresse de journée en journée dans tous les domaines : adresse, vitesse, replacement, positionnement, pressing. Complet, efficace, élégant, il affiche peu de lacunes, tout juste peut-être un démarrage un peu pataud. On parle déjà de lui pour l'équipe de France où son profil est unique. On rêve de le voir associé à Benzema, le meilleur joueur de Ligue 1. Il reste sur trente-neuf buts en une saison et demie dans les deux championnats professionnels français, et son passage de la Ligue 2 à la Ligue 1 s'accomplit parfaitement. Avec onze buts à mi-parcours, il vient de faire aussi bien que Diané, meilleur buteur du PSG l'année dernière... mais sur toute la saison. Pauleta, lui, avec un temps de jeu restreint, avait marqué dix fois. En mai 2009, Hoarau pourrait cumuler le total de ses deux prédécesseurs s'il confirme l'étendue de ses qualités. Une performance hallucinante et magistrale !
Des cadres sur et au dehors du terrain.
Il manquait un patron de vestiaire au PSG. Il est là : c'est Claude Makelele, de mieux en mieux sur la pelouse et indispensable à chaque instant. Pour recadrer tactiquement pendant les matchs, pour parler, rassurer voire élever le ton avant ou après. C'est la vigie du nouvel état d'esprit du PSG cette saison, capitaine crédible et respecté. A ses côtés, Giuly met le feu devant les buts depuis peu mais aussi au camp des loges : tout sourire, l'ex-Romain transmet sa bonne humeur, monte les décibels et veut faire partager son culte de la victoire.
Sessegnon, malgré une psychologie encore fragile, apporte techniquement tout ce qui faisait défaut à Paris ces derniers temps : puissance et percussion. C'est un joueur au style anglais, tant apprécié par Sébastien Bazin, l'actionnaire principal qui adore Essien ou Gerrard. Bref, Paris n'a pas raté son recrutement pour une fois et cela change tout, sans faire injure à Bourillon ou Digard qui, l'an dernier, n'étaient pas exactement des renforts. Le PSG avait aussi alors également enrôlé les critiqués Ceará et Camara, qui donnent aujourd'hui leur pleine mesure. Ils se révèlent performants quand l'équipe tourne bien. C'est un vrai plus cette saison.
La renaissance de Le Guen.
L'entraîneur du PSG vient de réussir sur toute la ligne. Ses choix sportifs lui donnent raison. Quand il « sacrifie » la rencontre de Coupe d'Europe à Schalke 04, il gagne dans la foulée à Marseille (4-2). Ce succès semble au passage agir comme un poison, pourrissant à petits feux la saison marseillaise au Vélodrome, où l'équipe de Gerets patine.
En attaque, il préfère d'emblée Hoarau à Kezman, et les statistiques de l'ex-Havrais viennent le conforter dans sa décision. Il a su relancer Luyindula, Traoré, Ceará, voire Clément, peu satisfait de son temps de jeu en début de saison, en leur montrant sa confiance. Si son coaching de match, comme dimanche dernier face à Valenciennes (2-2), ou d'avant-match (la titularisation de Traoré à Nice, son ancien club, s'imposait) prête parfois à discussion, il est le seul entraîneur de L 1 auteur d'un grand chelem.
Trois victoires contre les trois représentants français en Ligue des champions : Bordeaux, Marseille, Lyon dans cet ordre. Plus du tout langue de bois lors de ses conférences de presse, juste pudique et précautionneux, il glisse ici ou là quelques bons mots savoureux, même si sa ligne de conduite n'a pas varié : silence radio en dehors des points presse obligés. Il est aujourd'hui plus que jamais l'homme de la situation au PSG. S'il voulait être prolongé à Paris, il ne s'y prendrait pas autrement.
SOURCE: le parisien.fr